Παρασκευή 15 Φεβρουαρίου 2013

BLOODY VALENTINE... La presse sud-africaine n'épargne pas Blade Runner

Oscar Pistorius, le 4 août à Londres.
"BLOODY VALENTINE"

La presse sud-africaine consacrait une très large place vendredi au meurtre de la top-model Reeva Steenkamp par le champion handisport sud-africain Oscar Pistorius, dans des articles consacrés à la personnalité du sportif, rebaptisé"Blade Gunner" et décrit comme un "paranoïaque".

"Apprendre que Pistorius est accusé d'assassinat, c'est comme apprendre que l'archevêque Desmond Tutu a été pris en train de piquer dans la caisse. Nous sommes stupéfaits. Nous n'avons toujours du mal à y croire", note The Times."Les hommes l'admiraient, les femmes l'adoraient. Les enfants handicapés s'inspiraient de lui. Il était un brillant exemple de la façon de tirer le meilleur de soi-même quelles que soient les adversités", ajoute-t-il. Mais le quotidien, comme ses concurrents, s'empresse de raconter que Pistorius – qui collectionnait les petites amies (blondes) avec qui il avait souvent des altercations – était d'un tempérament plutôt caractériel et parano, et de surcroît amateur d'armes à feu.

Il a appris à tirer à un journaliste du New York Times, tandis qu'un reporter du Daily Mail britannique venu l'interviewer chez lui s'est étonné de trouver "des battes de cricket et de base-ball (...) derrière la porte, un pistolet près de son lit et un fusil automatique à une fenêtre", alors que Pistorius vivait dans un lotissement résidentiel fortifié, élu en 2009 "le domaine le plus sûr d'Afrique du Sud", selon The Star.

The Citizen titre "Blade Gunner" (de gun, pistolet), en référence au surnom "Blade Runner" porté par Pistorius en raison des deux lames en carbone en forme de pattes de félin avec lesquelles il courait. Le Daily Sun ironise sur cette sanglante Saint-Valentin sous le titre "Bloody Valentine".

Le quotidien afrikaans Beeld, le premier à avoir donné l'information et très introduit dans le milieu afrikaner de Pretoria, a évoqué de précédents incidents impliquant le sportif : en 2009, alors qu'il était avec un ami qui avait renversé et tué un piéton, le sportif a tenté d'empêcher des journalistes de photographier l'accident, en déclarant platement "parce que je suis Oscar Pistorius".

"Pistorius était une histoire de bonnes nouvelles, ce qui explique pourquoi les annonceurs l'aiment. (...) Et il est extrêmement beau, ce qui ne peut nuire", écrit le site Daily Maverick"En Afrique du Sud, il nous a rendus fiers. Aux Jeux olympiques, il nous a mis sur la scène mondiale : l'un des nôtres a réussi. Devoirabandonner cette image pour la remplacer par un récit profondément laid, de violence et de mort, est traumatisant", ajoute-t-il.

Plus prosaïquement, le Mail and Guardian raconte comment la victime, Reeva Steenkamp, était allée acheter du papier cadeau mercredi pour envelopper le présent qu'elle destinait à l'élu de son cœur. "Mon petit ami aime vraiment la Saint-Valentin", aurait-elle dit à la vendeuse.


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