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Σάββατο 23 Ιουλίου 2016

La France offre à l’Afrique du Sud les archives numérisées du procès Mandela

A l’occasion de la visite officielle du président sud-africain Jacob Zuma à ParisFrançois Hollande lui a remis, lundi 11 juillet, à midi, les archives sonores du procès Rivonia par lequel Nelson Mandela a été condamné au bagne à vie le 12 juin 1964. Que sont ces archives ? Comment ont-elles été restaurées par la France ? Que symbolise ce geste diplomatique officiel ?

Le procès a été enregistré dans sa quasi-intégralité sur support vinyle, les dictabelts : 591 d’entre eux ont à l’époque enregistré plus de deux cent trente heures du procès qu’avaient subi le militant anti-apartheid et sept de ses compagnons de lutte. A la demande des autorités sud-africaines, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a restauré et numérisé ces archives sonores.

1. Pourquoi est-ce la France qui a numérisé ces bandes ?

Sur près de 600 dictabelts d’enregistrement, sept seulement ont gravé la voix de Nelson Mandela lors de ses dépositions à la barre. Ces enregistrements avaient déjà été numérisés en 2001 par la British Library, mais le procédé utilisé avait, selon divers avis, endommagé deux des sept bandes. Il n’y avait à ce jour pas de dispositif adéquat pour numériser à grande échelle les dictabelts du procès Rivolia.
C’est l’ingénieur français Henri Chamoux qui est parvenu à mettre au point la technologie. En 2014, par l’intermédiaire de l’INA, les autorités sud-africaines font appel à lui pour restaurer les archives du procès de Neslon Mandela. « Les archives m’ont été données en désordre, on m’a donné huit albums de dix à douze pages chacun, dans lesquels on trouvait des enveloppes renfermant entre cinq à dix dictabelts, raconte-t-il. Cela a représenté quatre à cinq heures de travail par heure de procès. »
Quinze mois de labeur au sein d’une équipe composée d’experts audio de l’INA et du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA, CNRS) ont permis la restauration des deux cent trente heures de procès. « C’était impressionnant de retomber sur des passages audio aussi importants que Mandela disant qu’il est prêt à mourir pour son idéal démocratique », ajoute Henri Chamoux.

2. Est-ce la première fois que l’on peut entendre ces archives ?

Non, ces archives sonores avaient déjà été remises à l’Afrique du Sud par la France le 17 avril 2016, dès que la numérisation de celles-ci avait été achevée. La remise des enregistrements avait symboliquement eu lieu dans la grande salle de la Cour suprême de Pretoria où s’était tenu le procès Rivonia, en présence de trois des huit condamnés encore vivants : Denis Goldberg, Ahmed Kathrada et Andrew Mlangeni.

A l’époque, Denis Goldberg, 82 ans, avait salué cette restauration permettant de « garder l’Histoire vivante », dans une déclaration à l’AFP. « Ce procès en particulier a transformé la façon dont le monde voyait l’Afrique du Sud, avait-il alors déclaré. Les pays qui soutenaient l’Afrique du Sud ont continué à le faire mais les gens dans le monde ont dit : non, c’est injuste, l’apartheid est un crime contre l’humanité. »
Aujourd’hui, la remise de ces mêmes enregistrements de chef d’Etat à chef d’Etat est un geste officiel dont Jacob Zuma s’est félicité. Il a remercié la France « pour la numérisation du procès de Rivonia qui vapréserver ce morceau inestimable de l’histoire de l’Afrique du Sud pour les générations à venir ».

3. Cette remise a-t-elle un poids diplomatique ?

C’est une remise d’archives plus symbolique que diplomatique. « Le projet est prévu depuis plusieurs mois », relativise ainsi Liesl Louw-Vaudran, spécialiste de la politique extérieure sud-africaine à l’Institute for Security Studies (ISS). Cela fait en effet depuis avril et la cérémonie à Pretoria qu’il est prévu de remettre officiellement les archives du procès de l’ancien président sud-africain, à la popularité jamais ternie, à Jacob Zuma.
Néanmoins, c’est un geste diplomatique à l’avantage de François Hollande, qui en a profité pour marteler les liens que les deux chefs d’Etat tentent d’afficher à Paris. La France et l’Afrique du Sud ont l’ambition commune « de défendre partout la démocratie, le pluralisme », a ainsi affirmé le président français sur le perron de l’Elysée. « Sans doute est-ce dû à notre histoire et aux liens qui se sont créés pendant toute la période où les Sud-Africains voulaient en terminer avec l’apartheid et où les mouvements progressistes en Europe et en France luttaient à côté de Nelson Mandela », a-t-il ajouté.


L’Afrique du Sud s’est construite avec cet héritage qu’ont laissé Nelson Mandela et les militants de la lutte pour l’égalité entre Noirs et blancs. Pour Jacob Zuma, qui a toujours manifesté une grande loyauté vis-à-vis du legs de la lutte anti-apartheid et de ceux qui l’ont menée, récupérer les bandes-son du procès des huit condamnés au bagne à vie revêt une importance toute particulière.



Πηγή : Le Monde

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Σάββατο 25 Ιουνίου 2016

Les pays d'Europe qui ont le plus à craindre du résultat du Brexit

EUROPE - Bye bye Britain. Les Britanniques ont choisi de quitter l'Union européenne jeudi, avec 52% des voix selon les projections, un saut dans l'inconnu qui porte un coup terrible au projet européen et à leur Premier ministre David Cameron. Il est à craindre que cette décision du peuple britannique aura des conséquences certaines sur l'économie de l'UE et celle des principaux partenaires de Londres.
Première conséquence immédiate de ce référendum: le cours de la livre sterling s'est littéralement effondré. Dans son sillage, la Bourse de Tokyo chutait de 8%, laissant présager un "vendredi noir" sur les marchés mondiaux.
En France, la position officielle du gouvernement avant le vote était claire. La Grande-Bretagne devait rester en Europe. "C'est plus que l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union européenne qui se joue-là, c'est l'avenir de l'Union européenne", avait martelé le président français François Hollande. Pour lui, "le départ d'un pays qui est géographiquement, politiquement, historiquement dans l'Union européenne aurait forcément des conséquences extrêmement graves".
François Hollande avait évidemment en tête les risques de turbulences économiques liées à un Brexit. Est-ce que cela ira toujours "mieux" après? D'après une étude de Standard & Poor's (S&P), il peut se rassurer. La France n'est pas celle qui a le plus à craindre des conséquences du Brexit.
(suite de l'article après le graphique)

Pour cette étude, S&P a conçu le Brexit Sensitivity Index (BSI) qui mesure pour chaque pays les exportations de biens et services vers le Royaume-Uni rapportées au PIB, les flux migratoires dans les deux sens, les créances du secteur financier sur des contreparties au Royaume-Uni, et les investissements direct au Royaume-Uni.
Au final, S&P a retenu les 20 pays les plus exposés au Brexit. Ce classement présente l'avantage de mettre l'impact éventuel en relation avec la taille de l'économie du pays. Pour cette raison, ce sont les petits pays comme l'Ireland, Malte, le Luxembourg, et Chypre qui seront en première ligne en cas de choc sur les échanges commerciaux ou les flux migratoires. Leurs liens financiers étroits avec le secteur bancaire britannique pourraient être une grosse source d'inquiétude.
En France, ce sont les Foreign Direct Investment (FDI, les investissements directs au Royaume-Uni) qui pourraient le plus nous perturber. Les exportations ou les liens avec la place financière britannique sont finalement assez limités, en tout cas plus que l'Allemagne.
Il faut noter que la Suisse, les Pays-Bas, l'Espagne et la Belgique semblent bien plus concernés que nous. Dernière surprise, il n'y pas que l'UE qui est concernée puisque le Canada se hisse à la 16 place de ce top 20.
Pour connaître avec précision l'intrication des économies européennes avec le Royaume-Uni, voici le détail du calcul du Brexit Sensitivity Index. On y découvre notamment que nos exportations vers le Royaume-Uni représentent l'équivalent de 2% du PIB de la France.



Πηγή : Le Monde
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Que change concrètement le « Brexit » pour le Royaume-Uni et pour l’Europe ?

Le Royaume-Uni a finalement choisi de mettre fin à quarante-trois années d’appartenance à l’Union européenne (UE), en disant oui au « Brexit » (contraction de « Britain » et « Exit ») lors d’un référendum dont les résultats ont été annoncés vendredi 24 juin au petit matin. Le camp du « Leave », favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’a emporté avec 51,9 %, contre 48,1 % pour le « Remain », camp pro-européen. Que va impliquer cette victoire ?




1. Le premier ministre David Cameron va-t-il démissionner ?


Oui, le premier ministre conservateur, qui avait initié le référendum alors qu’il était lui-même opposé au Brexit, a annoncé qu’il quittera son poste dans les trois mois. « Je pense que le pays a besoin d’un nouveau leader », a annoncé David Cameron dès vendredi matin. Une décision surprenante, puisqu’il avait affirmé au Times la semaine précédente qu’il se maintiendrait quelle que soit l’issue du vote.

M. Cameron restera pour faire la transition jusqu’à la désignation d’un nouveau leader lors d’un congrès du Parti conservateur en octobre, qui deviendra automatiquement premier ministre. Le porte-parole des pro-Brexit et ancien maire de Londres, Boris Johnson, est le prétendant le plus sérieux pour prendre la place de premier ministre.


2. Quand le Royaume-Uni sortira-t-il officiellement de l’Union européenne ?


Le résultat d’un vote par référendum n’est pas juridiquement contraignant. Néanmoins, David Cameron a déclaré vendredi que « la volonté du peuple britannique doit être respectée ». Le premier ministre laissera à son successeur l’épineux dossier de la sortie de l’Union européenne.
« Les négociations avec l’Union européenne doivent se faire avec un nouveau premier ministre. »
Pour que le Royaume-Uni quitte l’UE, il doit formellement annoncer ses intentions lors d’un Conseil européen, comme décrit dans l’article 50 du traité de Lisbonne. Cela tombe bien, un Conseil est organisé les 28 et 29 juin, et le Brexit sera bien évidemment au centre des discussions. Une période de deux ans est prévue pour préparer la sortie, mais elle peut être raccourcie si un accord est trouvé (ce qui semble peu probable). Elle peut aussi être allongée, mais il faut pour cela obtenir l’unanimité des Etats européens, faute de quoi le Royaume-Uni se retrouverait sans accords commerciaux ni accords préférentiels de libre circulation.

Commenceront alors de longues négociations sur les modalités du désengagement britannique, notamment concernant un éventuel accès au marché unique. Le ministère des affaires étrangères britannique a annoncé que les négociations pourraient mener à plus d’une décennie d’incertitudes, rappelant que, pour les traités commerciaux de grande ampleur comme les accords entre l’UE et le Canada, les tractations ont pris des années. Ces accords ne sont d’ailleurs pas encore ratifiés.


3. Un pays qui quitte l’UE, est-ce une première ?


C’est effectivement la première fois qu’un Etat membre de l’Union européenne décide d’utiliser l’article 50. En revanche, le Groenland, qui a obtenu un statut d’autonomie en 1975 (il était auparavant rattaché au Danemark en tant que comté d’outre-mer), a voté pour sortir de la Communauté économique européenne (CEE, ancêtre de l’UE) en 1982. Ce retrait a été ratifié en 1985, et le Groenland est parvenu, depuis lors, à maintenir des exemptions douanières, notamment concernant la pisciculture. Il est dorénavant un territoire d’outre-mer associé à l’UE.

4. Le Brexit modifie-t-il l’équilibre des pouvoirs au sein de l’UE ?


Selon une étude du cabinet de conseil Global Counsel, l’équilibre des pouvoirs sera modifié au sein du Conseil européen, notamment en ce qui concerne les débats de politique économique. Selon des règles de vote introduites en novembre 2014, une minorité de blocage au Conseil européen doit être prise par au moins quatre Etats membres et représenter au moins 35 % de la population totale de l’UE.

Avec la sortie du Royaume-Uni, les tenants d’une ligne plus libérale perdent un pays très peuplé. Et le « bloc libéral », que composaient notamment le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou encore la République tchèque, passera de 25 % à 15 % de la population totale de l’Union européenne. Régulièrement, l’Allemagne rejoignait ce bloc pour dépasser le seuil de 35 % nécessaire à un veto. Il faudra désormais l’appui de pays traditionnellement plus conservateurs pour poursuivre cette stratégie.

Par ailleurs, le véritable moteur de l’UE, notamment sur le plan économique, est un jeu d’influence à trois entre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. En l’absence de ce dernier, avec qui il pouvait être un allié de circonstances, Berlin se retrouvera face à Paris sans véritable contrepoids. La convergence des positions entre France et Allemagne deviendra encore plus nécessaire – et l’influence de Paris s’en trouvera renforcée.

5. Faudra-t-il un visa pour voyager ou travailler au Royaume-Uni ?


Tant que le Royaume-Uni est dans l’Union européenne, les règles concernant la libre circulation des personnes restent inchangées : n’étant pas un pays de la zone Schengen, il faudra toujours un document d’identité prouvant son appartenance à un pays de l’Union européenne pour voyager outre-Manche et y travailler.

Les choses se corseront à partir du moment où le Brexit sera effectif. Selon les modalités négociées entre le Royaume-Uni et les pays membres de l’UE, il se peut qu’il faille un visa pour voyager dans le pays. Si le Royaume-Uni arrive à négocier un accord lui permettant de rester au sein du marché unique, il est très probable que la libre circulation des personnes soit acquise. Mais le gouvernement britannique pourrait aussi imposer des restrictions liées au permis de travail. La réciprocité s’appliquant, les Britanniques auraient besoin d’un visa pour travailler dans un pays de l’UE, et vice-versa.

6. Quelles conséquences pour les étudiants ?


Les étudiants britanniques, qui sont de plus en plus nombreux à partir étudier à l’étranger, seront les plus touchés car il deviendra plus difficile pour eux d’effectuer leur mobilité sans le programme Erasmus. Un accord pourrait toutefois être trouvé, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Suisse et la Norvège – mais cela prend du temps. Les financements de recherche allant de pair avec le programme Erasmus s’en trouveraient impactés également. Enfin, les étudiants européens au Royaume-Uni pourraient payer des frais universitaires beaucoup plus importants qu’actuellement car ils seront considérés comme tous les autres étudiants internationaux.


7. Pourra-t-on encore acheter des toffees chez Marks & Spencer ?


Evidemment. En revanche, ils pourront, à terme, coûter plus cher, selon ce qui sera négocié : des taxes douanières pourraient faire augmenter le prix de ces friandises. L’ancien PDG de Marks & Spencer, Stuart Rose, proeuropéen convaincu, a prévenu qu’un Brexit provoquerait une augmentation des prix, au Royaume-Uni et ailleurs.

7. L’anglais restera-t-il la langue de travail de l’UE ?


Selon toute vraisemblance, oui. Si les 24 langues des pays de l’UE sont acceptées au sein des institutions européennes, le français et l’anglais sont les deux le plus fréquemment usitées. Néanmoins, l’anglais est une langue véhiculaire à travers l’Europe : il serait parlé par 38 % des Européens dont ce n’est pas la langue maternelle, ce qui en fait la langue la plus utilisée au sein de l’UE, selon un rapport de la Commission européenne de 2012.

8. L’Ecosse va-t-elle tenter de rester dans l’Union européenne ?

Peut-être, mais pas tout de suite. Contrairement au reste du Royaume-Uni, les Ecossais ont voté à 62 % en faveur du maintien dans l’Union européenne, avec toutefois une participation assez faible. La première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon, dirigeante du Parti national écossais (SNP) a prévenu que la région voyait « son avenir au sein de l’Union européenne ».

Alors que les Ecossais avaient refusé par référendum en 2014 de se séparer du Royaume-Uni, le SNP estimait, avant le vote sur le Brexit, qu’une nouvelle consultation sur l’indépendance pourrait être organisée « s’il y a un changement significatif par rapport aux circonstances de 2014, telle qu’une Ecosse tirée en dehors de l’Union européenne contre sa volonté ». Nicola Sturgeon reste toutefois prudente et ne s’engage pas sur la tenue rapide d’un nouveau référendum qu’elle n’est pas sûre de remporter.


9. Que deviennent les programmes financés par l’UE au Royaume-Uni, les subventions cesseront-elles ?


Le Royaume-Uni bénéficie de plusieurs milliards d’euros au titre des programmes financés par l’Union européenne en faveur de ses membres. Si Londres quitte l’UE, ces aides pourraient disparaître. Une grande partie du débat lors de la campagne électorale consistait à savoir si le pays sera financièrement bénéficiaire ou non. D’un côté, les partisans du Brexit avançaient le poids de la contribution britannique à l’UE, qui s’élève à 250 millions de livres (325 millions d’euros) par semaine ; de l’autre, les proeuropéens rappelaient les risques de réinstaurer des barrières douanières et de perdre des subventions garanties par l’UE.

10. Quel accord de libre-échange le Royaume-Uni peut-il négocier ?


Londres devra nécessairement renégocier des accords d’échanges économiques avec Bruxelles. Il pourra s’appuyer sur différents précédents :

L’OPTION NORVÉGIENNE

La Norvège fait partie de l’Espace économique européen (EEE), qui bénéficie d’un accès complet au marché unique. En revanche, elle doit obéir à la plupart des règles de l’Union européenne, dont la libre circulation des biens et des personnes. Elle contribue aussi au budget européen. Elle ne bénéficie pas des 50 différents accords de libre-échange de l’Union européenne, mais en tant que membre de l’Association européenne de libre-échange (AELE), comme tous les pays de l’EEE, il peut négocier ses propres accords commerciaux.

L’OPTION SUISSE

La Suisse fait partie de l’AELE, mais à la différence de la Norvège, elle a négocié des accords bilatéraux avec l’UE. Elle contribue au budget européen et obéit aussi à la libre circulation des biens et des personnes. Certains de ses secteurs, dont le secteur bancaire, ont des accès restreints à l’Union européenne. En revanche, elle est libre de négocier des accords bilatéraux avec des pays tiers.

L’OPTION CANADIENNE

L’Accord économique et commercial global (CETA) implique la levée des droits de douane sur de nombreux produits à l’importation ou à l’exportation entre le Canada et l’Union européenne. Les négociations ont duré plus de sept ans et l’accord n’est pas encore ratifié. Si Londres choisit cette option, elle ne sera probablement pas en position de force : seuls 6 % des biens de l’UE sont exportés au Royaume-Uni. De plus, le CETA ne garantit pas la levée des barrières douanières sur les services.

L’OPTION DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC)

Si aucun deal n’est trouvé, ou en attendant qu’il le soit, le Royaume-Uni devra avoir recours aux règles de base de l’OMC, comprenant des obstacles douaniers mais aussi l’évaluation en douane des marchandises ou le contrôle de l’origine des produits.

Quelle que soit l’option choisie, il y a de fortes chances que différents pays de l’UE en profitent pour affaiblir, à leur avantage, l’un des domaines économiques où le Royaume-Uni est réputé. Par exemple, l’UE pourrait proposer un accord de libre-échange qui ne concernerait que les biens manufacturés, ce qui contraindrait la City à perdre de l’influence et des parts de marché dans les secteurs financiers et bancaires.

11. La situation change-t-elle pour les migrants à Calais ?


Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a prévenu qu’en cas de Brexit, « la France ne retiendrait plus les migrants à Calais ». Conclus en 2003, les accords du Touquet visent à renforcer les contrôles aux frontières entre la France et le Royaume-Uni, et – à l’époque – de mettre fin au centre d’accueil de Sangatte, en généralisant les contrôles opérés par des policiers anglais sur le sol français. De fait, des milliers de migrants se retrouvent bloqués dans la « jungle » de Calais, en attendant une hypothétique traversée vers la Grande-Bretagne.


L’accord du Touquet est un accord bilatéral, qui n’a aucun lien avec l’Union européenne, mais il peut être dénoncé. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’intérieur français, a toutefois repris M. Macron, en expliquant qu’il n’y avait pas de raisons valables d’annuler ces accords.

Πηγή : Le Monde
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« Brexit » : comment Cameron s’est laissé prendre à son propre piège

Terrassé par le vote franc des Britanniques en faveur du « Brexit », David Cameron quittera donc son poste de premier ministre à l’automne. Mais comment celui-là même qui a pris l’initiative d’organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE) s’est-il retrouvé à faire campagne pour le « remain » et à la perdre – sacrifiant sa tête au passage ?



Acte I : la « trahison » du traité de Lisbonne

Chef de l’opposition
L’histoire commence, en un sens, en 2009. David Cameron n’est pas encore premier ministre, mais chef de l’opposition conservatrice. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown vient d’approuver par la voie parlementaire le traité de Lisbonne, ersatz du défunt traité constitutionnel européen. M. Cameron, qui avait plaidé en vain pour consulter les Britanniques par référendum sur ce texte, fait une promesse : « Il ne sera plus jamais possible pour un gouvernement britannique de transférer davantage de pouvoirs à l’Union européenne sans que le peuple britannique ait son mot à dire par la voie d’un référendum. »

Le thème de la « trahison » des travaillistes émaille la campagne victorieuse qui le porte au pouvoir, le 11 mai 2010.


Acte II : la pression des eurosceptiques


Premier mandat
Au 10, Downing Street, David Cameron est mis sous pression par son propre camp, de plus en plus eurosceptique. A la suite d’une pétition signée par 100 000 Britanniques, la Chambre des communes se prononce en octobre 2011 sur la possibilité d’un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne. Le résultat du vote est nettement négatif, mais 81 parlementaires conservateurs « rebelles »votent pour le référendum, contre l’avis du gouvernement.

En juin 2012, alors que l’UE esquisse un nouveau saut dans son intégration pour faire face à la crise de la zone euro, David Cameron martèle que l’heure n’est pas au référendum : en « eurosceptique pragmatique », il souhaite d’abord proposer des « changements » dans la relation du Royaume-Uni avec l’UE, pour que les électeurs britanniques puissent, in fine, faire un « vrai choix ».

Dès l’automne 2012, alors que la progression du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) dans les sondages menace son parti, le premier ministre commence à distiller l’idée qu’un référendum pourrait avoir lieu après les prochaines élections. Ce qu’il transforme en promesse électorale en janvier 2013 : si les conservateurs remportent le prochain scrutin et qu’il est reconduit, M. Cameron entamera une renégociation des termes de l’appartenance européenne du Royaume-Uni, avant de proposer, en 2017, un « choix simple » aux Britanniques : rester ou partir.


Acte III : le compte à rebours engagé


Second mandat
Réélu triomphalement le 8 mai 2015, David Cameron engage immédiatement le processus d’organisation du référendum, programmé en juin 2016.
Commence alors pour lui un compte à rebours dangereux : il a un an pour renégocier auprès de ses partenaires européens les termes du contrat qui lie les Britanniques à l’UE.


Acte IV : Brexit et Cameronexit


Fin de règne
Le 19 février, après trente heures de négociation, le premier ministre britannique arrache à ses homologues européens un « accord anti-Brexit ». Ce qu’il présente comme un « statut spécial » n’est que le prolongement des exceptions dont jouit déjà le Royaume-Uni depuis des années : à part la possibilité de limiter les aides sociales attribuées aux immigrés issus de l’UE, David Cameron n’a guère obtenu que l’assurance que le Royaume-Uni pourra rester à l’écart de toutes les prochaines réformes du fonctionnement de l’Union.

Le chef de file des conservateurs s’engage alors sur la corde raide, en tentant de convaincre les Britanniques de voter pour le « maintien », car ce compromis est satisfaisant, tout en proclamant qu’il « n’aime pas Bruxelles ». Incapable de livrer un véritable plaidoyer pour l’Europe, il ne peut empêcher sa majorité conservatrice de se déchirer entre le « Remain » et le « Leave » et garde au sein de son gouvernement cinq ministres « rebelles » qui font campagne pour le Brexit.

Malgré le meurtre de la députée proeuropéenne Jo Cox à une semaine du scrutin, qui frappe le Royaume-Uni de stupeur et semble un temps pouvoir renverser la vapeur, le couperet tombe dans la nuit du 23 au 24 juin : le « Brexit » l’emporte avec 51,9 % des voix« Lucky Dave » a perdu son pari.
Dans la matinée, sur le perron du 10, Downing Street, David Cameron reconnaît sa défaite : « Je ne crois pas qu’il serait bon pour moi que je sois le capitaine qui dirige le pays vers sa prochaine destination. » Il annonce son intention de quitter le pouvoir sous trois mois, laissant à son successeur la charge d’engager officiellement le processus de désengagement du Royaume-Uni de l’UE.

Πηγή : Le Monde

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