La campagne pour les élections législatives des 10 et 17 juin, cruciale pour
permettre à François Hollande de disposer d'une majorité à l'Assemblée
nationale, commence officiellement lundi 21 mai.Désormais installée à l'Elysée, la gauche attend des Français qu'ils
confirment leur choix en lui donnant la majorité, et la droite, si elle dit
croire à la victoire, devra compter avec le Front national, au plus haut à la
présidentielle.
Les 10 et 17 juin, les Français devraient être nettement moins nombreux à se
rendre aux urnes qu'à la présidentielle - près de 40% d'abstention au 1er tour
aux législatives de 2007 -, ce qui aura des incidences sur les résultats, seuls
les candidats ayant obtenu 12,5% des voix des inscrits pouvant se maintenir au
second tour.
Principale innovation pour ce scrutin qui mettra aux prises près de 6.600
candidats: quelque 330 circonscriptions sur 577, dans 67 départements, ont été
redécoupées, et onze créées pour les Français de l'étranger. Chaque fois que des
élections législatives se tiennent dans la foulée de la présidentielle, les
citoyens ont confirmé leur premier vote en donnant au président élu une majorité
pour appliquer sa politique.
"Donnons une majorité au changement"
Les derniers sondages, réalisés avant l'annonce de la composition du
gouvernement, susceptible d'influer sur l'opinion, donnent un avantage à la
gauche (45-46%) sur la droite parlementaire (32-33%), avec un Front national
entre 12 et 16%.
La veille de son investiture, François Hollande, parlant une dernière fois
devant le PS, a réclamé une majorité "large". "Donnons une majorité au
changement" : tel est le slogan de campagne.
"Une cohabitation au mois de juin, cela n'aurait aucun sens", déclarait le 7
mai Manuel Valls, nommé depuis ministre de l'Intérieur, au lendemain de la
victoire de François Hollande par 51,6% des voix contre 48,4% à Nicolas
Sarkozy.
Ayrault et Aubry mèneront la bataille
Chef de la majorité PS-EELV-PRG, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault mènera
la bataille, avec à ses côtés la première secrétaire du PS Martine Aubry. Ils
tiendront quelques meetings ensemble.
Signe des divisions à gauche, ces
trois partis ont échoué à trouver un accord avec le Front de gauche (PCF-PG)
sur des candidatures uniques là où la gauche est menacée d'élimination au 1er
tour.
Le Front de gauche compte tirer profit de la dynamique de la campagne
présidentielle de Jean-Luc Mélenchon pour passer d'une vingtaine à une trentaine
de députés, communistes pour la plupart.
La droite veut renverser la situation
A droite, même si l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant juge la
cohabitation contraire à "l'esprit de la Ve République", la droite espère un
retournement de tendance. "Le pays n'est pas traversé par une vague rose", a
relevé l'ex-Premier ministre François Fillon au vu de l'écart réduit entre
François Hollande et Nicolas Sarkozy, le 6 mai.
Principal axe de campagne de l'UMP : apporter "un contrepoids" à la
concentration des pouvoirs par la gauche, qui "tient" déjà, outre l'Elysée, le
Sénat, la plupart des départements, régions et grandes villes.
Mais l'ex-parti présidentiel part en campagne sans vrai leader, François
Fillon et Jean-François Copé rêvant tous deux du statut de chef de l'opposition
en vue de la présidentielle de 2017. L'ex-ministre Alain Lamassoure a réclamé
"un capitaine d'équipe".
Le FN, présent partout
Alliée au Nouveau centre et au Parti radical, l'UMP devra surtout faire face
à la concurrence du Front national de Marine Le Pen (17,9% à la présidentielle),
qui présente des candidats partout. Avec une participation voisine de celle de
2007, ces représentants du "Rassemblement bleu marine", l'appellation choisie
pour le scrutin, devront approcher des 21% des voix pour être au second tour, à
moins de figurer dans le duo de tête du premier tour.
C'est pourquoi les experts électoraux s'attendent davantage, au second tour,
à des duels FN-PS ou FN-UMP (outre les classiques duels PS-UMP) qu'à des
triangulaires. Celles-ci pourraient toutefois envoyer au tapis quelques dizaines
de députés sortants UMP.
Sauf situation locale très particulière, Marine Le Pen devrait en effet
maintenir partout ses candidats qualifiés, d'autant que l'UMP a pris position
contre tout accord local FN-UMP. La
présidente du FN ambitionne elle-même de l'emporter à Hénin-Beaumont
(Pas-de-Calais) dans une circonscription socialiste où Jean-Luc Mélenchon
est venu l'affronter.
Ces législatives s'annoncent très difficiles pour le MoDem, isolé, et que la
contre-performance de son candidat à la présidentielle François Bayrou (9,1%)
prive de dynamique. Le centriste même loin d'être assuré de sa réélection dans
les Pyrénées-Atlantiques, où il est arrivé troisième le 22 avril.
Le Nouvel Observateur

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