Σάββατο 24 Μαρτίου 2012

Le suicide d’Amina, 16 ans, violée et épousée par son violeur, provoque un choc au Maroc

Une vie insupportable. Samedi 9 mars, Amina s'est tuée dans sa ville de Larache, près de Tanger (nord), avec de la mort aux rats.

Violée à 15 ans, elle avait été contrainte par sa famille d'épouser son agresseur, de 10 ans son ainé, selon un arrangement prévu par la loi marocaine et qui permet à son violeur d'échapper à la prison.

Selon un journal marocain, Al Massea, la victime aurait été battue par son mari alors qu’elle agonisait.

Le violeur échappe à la justice grâce au mariage arrangé

Aux termes de la loi marocaine, le viol est puni de plusieurs années de prison en cas d’agressions sexuelles sur des mineurs. A moins que la victime et son agresseur se marient, ce qui le protège de poursuites judiciaires. Ce qui fut le cas avec le mari-violeur d’Amina

Ce drame a provoqué une vaste mobilisation sur la blogosphère et dans les médias marocains et étrangers. Une pétition pour l'abrogation de « l'article de loi criminel » et intitulé « Nous sommes tous Amina Al Filali » a été mis en ligne sur Facebook.

L'émotion au Maroc a forcé les politiques à s'exprimer sur la législation de protection des femmes. Fait rare: le gouvernement à majorité islamiste a largement consacré sa réunion hebdomadaire à l'examen de ce drame.

Violée deux fois

« Cette fille a été violée deux fois, la dernière quand elle a été mariée », a déclaré le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khelfi. « Il faut étudier d'une manière approfondie cette situation avec la possibilité d'aggraver les peines dans le cadre d'une réforme de l'article du code pénal. Nous ne pouvons pas ignorer ce drame», a-t-il ajouté.

La seule femme ministre du gouvernement islamiste, Bassima Hakkaoui, responsable du portefeuille de la solidarité, de la femme et de famille a reconnu un « vrai problème » et préconisé un « débat pour réformer cette loi », sur la chaîne de télévision publique 2M.

« C'est un cri de la société », a lancé une ex ministre, Nouzha Skalli, qui occupait le même poste dans le gouvernement précédent. Les deux femmes s'exprimaient sur la chaîne publique qui, fait rare, y consacrait jeudi la quasi totalité de son journal de la mi-journée.

Arrangements

« La loi considère la mineure violée comme une criminelle bien qu'elle soit victime de la violence», a dit Nouzha Skalli, regrettant « l'absence de protection en faveur des mineurs ». « Il faut réformer le code pénal afin de l'adapter à la nouvelle constitution qui interdit la violence contre les femmes et assure l'égalité des sexes », a-t-elle ajouté.

Dans de nombreuses familles où le poids de la tradition et de la religion est très fort, la perte de la virginité hors du mariage est considéré un déshonneur pour la famille. Souvent, des arrangements sont trouvés, avec la contribution de la justice, pour que les filles violées épousent leur agresseur.

Le Maroc n'est pas le seul pays du Maghreb dans cette situation. En Tunisie et en Algérie également, si la victime épouse son violeur, celui-ci échappe aux poursuites.


Agence France Presse

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